
LE LIVRE
Publié pour la première fois en 1992 par Via Valeriano, réédité en 2003 chez Valeriano/Léo Scheer, cet essai magistral, L’argent et la mort, est un réquisitoire implacable contre le crédit. Emmanuel Loi y décline les effets dévastateurs qu’ont produits sur l’homme les pratiques généralisées de l’assurance, sous toutes ses formes, ainsi que l’usage banalisé du crédit. Il montre que ces modes de transaction déplacent et invisibilisent les notions de dette, de dépense, de délit et donc de responsabilité. Des codes et des règles de toutes sortes altèrent, voire annihilent le désir chez l’individu. Le monétaire devient l’identité. « Devenu sujet-client, il est évalué, mesuré avec méthode. On jauge, avec cynisme, ses capacités de résistance, d’endurance et de désabusement. » À l’heure des flous idéologiques et des pouvoirs exorbitants du médiatique, Emmanuel Loi désignait, dès la fin du siècle dernier, les systèmes qui ont décérébré l’homme, en le rendant « addict », et dont la finalité dernière était et reste, plus que jamais, « la régulation sociale » qu’on appelle désormais, en Chine ou aux États-Unis, « le contrôle social ».
L’AUTEUR
Emmanuel Loi est né en 1950 dans les Vosges. À la suite d’un braquage, il est condamné à six ans de prison et est incarcéré de 1976 à 1981. Durant sa détention, il lit, écrit, envoie des textes à des revues. Depuis L’Écriture de peu édité en 1979 chez Christian Bourgois, il a publié une trentaine d’ouvrages de poésie, théâtre, essais, romans. En 2004 a paru, chez Exils, Je devrais me taire : Spinoza, Hölderlin et autres essais.
Créées en 1998, les éditions exils se veulent un lieu d’alerte littéraire, artistique et politique. Afin que la distance qui sépare chacun de lui-même, de l’autre et de la cité s’efface par les livres.