Proust face à l'énigme Léonard

Proust face à l'énigme Léonard

Proust face à l'énigme Léonard


  2021

Proust jeune homme fréquente assidûment le Louvre et ses peintres, infligeant à ses amis (Reynaldo Han, Lucien Daudet etc.) des rendez-vous étranges au musée et de longues stations devant les tableaux. Dans la réponse au fameux questionnaire sur son peintre préféré, il répond Léonard et Rembrandt — qu'il verra surtout sur place à Amsterdam en 1898. Que fait ce Proust encore sans oeuvre devant les Vinci du Louvre, en particulier le Saint-Jean Baptiste et la Joconde ? Il apprend ce que voir veut dire et ce que créer une oeuvre appelle de séparation et de force. Enfermé dans sa chambre, Proust, qui ne va plus voir de tableau, ni au Louvre ni ailleurs, se souviendra au moment d'incorporer dans son oeuvre de nombreux peintres, italiens ou flamands, de cette leçon de Vinci - un peintre auquel dans son oeuvre il ne donne pas néanmoins la place ni d'un Vermeer ni d'un Titien ou un Carpaccio. Car Proust, pour écrire, a rompu avec sa jeunesse. Et il s'applique à lui-même désormais cette leçon qu'il reconnaissait chez Chardin  : «On ne peut refaire ce qu'on aime qu'en le renonçant.»